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The Dog Days Are Over // Le Pilbara

Dans Pendant, Western Australia le 3 mars 2011 à 5:55

La route de Broome à Port Hedland est chiante à mourir. Rien à voir sur 611 km à part les points-essence. Elle longe l’éloquente Eighty Mile Beach, qui n’a d’intéret que pour les pêcheurs puisqu’on ne peut pas s’y baigner. Cette fois c’est les requins, je crois. On a tout fait d’une traite, le mercure grimpait au-dessus de 40°C.

Port Hedland

L’industrieuse ville de Port Hedland, aux bâtiments bas en tôle ondulée et aux maisons en fibrociment, est recouverte par une couche de poussière rouge sombre provenant des montagnes de minerai de fer qui transitent par ses docks. C’est le premier port exportateur de ce minerai en Australie.

[dune de sel à l'entrée de la ville]

Pretty Pool, à 7km à l’est du centre-ville, est un lieu de pêche et de pique-nique très couru (attention aux poissons-pierre). [Lonely Planet]

Un OVNI :

Mémorial de la tornade :

Industrielle mais pas complètement sans intérêt. Les grosses villes portuaires ont quelque chose qui me fascine.  Je dois être un des seuls puisque l’unique backpack  de Port Hedland a fermé il y a quelques mois. Le front de mer est joliment aménagé, des tortues pondent sur Cemetary Beach quelques mois dans l’année, on en a vu dans l’eau. On en profite pour se ravitailler et en fin d’après-midi on prend la route du Karijini National Park, une véritable perle d’après ceux qui l’ont fait et qui poussent des cris d’extase sitôt le nom prononcé. Avant même d’y être, la route nous a plu :

Karijini National Park – 11302 km

Les impressionnantes gorges, les chutes d’eau spectaculaires, les piscines naturelles, les fleurs sauvages et l’abondante faune du Karijini National Park, à 50km à l’est de Tom Price, en font un site digne d’intérêt. [Lonely Planet]

“Site digne d’intérêt”, quel euphémisme. On se demande ce qu’il leur faut ! J’ignore ce que signifie Karijini dans la langue aborigène du coin mais je parierai bien que c’est un synonyme de paradis. Tout simplement (j’écris cela après avoir fait le tour de l’Australie) le plus beau National Park parmi ceux que j’ai visité. Nous y avons consacré 4 jours entiers – et ça ne m’aurait pas dérangé de rester plus. Jugez par vous-même.

[Fern Pool]

[Fortescue Falls]

Arrivés par la route goudronnée à l’est du parc, nous nous installons au camping de Weano Gorge. On y restera deux nuits.

Le choix des photos d’illustration est hardcore : j’ai envie de tout montrer ! Elles saisissent toutes une partie de ce bijou de parc national. Les couleurs vives – le bleu du ciel, le rouge de la terre, le vert de la végétation, le dégradé bleu-vert de l’eau… – forment des contrastes éblouissants.

Eblouissant pour les yeux comme pour les lentilles des appareils photo numériques, la lumière est trop puissante et l’ombre dépareille :

L’eau est gelée mais rien que pour sa couleur d’opale, on se coule dedans et on lézarde, contre la pierre, côté soleil.

Le troisième jour, nous levons le camp en direction de l’ouest du parc, où s’étend Hancock Gorge. Mais sur le chemin, d’autres gorges s’offrent à nous : Knox et Joffre. Une douleur à la hanche genre nerf pincé me laissera sur le carreau pour celles-ci. Je me contenterai du panomara impressionnant.

[Knox Gorge]

[Joffre Gorge]

Une route traverse le parc lui-même mais ce n’est pas du tout le même délire : 60 bornes de tôle ondulée. Le coffre arrière n’arrêtait pas de s’ouvrir et la poussière rouge s’est infiltré partout, on en a épousseté jusqu’à Perth !

Juste avant le coucher de soleil, au camping (éco-responsable) de Hancock Gorge, on retrouve comme prévu Jeanne et Pascal, des amis d’Audrey qui travaillent à Exmouth depuis quelques mois (notre prochaine étape). Apéro et discussion politique, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emballé dans un débat face à un Sarkozyste !

C’est donc la bouche un peu pâteuse mais sans douleur à la hanche que je me lève le quatrième jour pour explorer Hancock Gorge. Notre fine équipée empaquette le matériel et n’oublie pas le rituel incontournable de la crème solaire. Parce que le soleil il rigole pas ici. Surtout le matin. Un Australien sur deux chope un cancer de la peau parce que la couche d’ozone  a pris la forme d’une lunette de chiotte pile au-dessus de leur pays.

[le pénible mais nécessaire étalage de crème solaire, qui justifierait à lui-seul la présence d'un compagnon de voyage]

Hancock Gorge, catégorie 5, c’est parti ! Tu t’accroches aux parois rocheuses, tu retires tes baskets pour traverser un plan d’eau, tu esquives les araignées vicelardes et tu zappes qu’un serpent mortel peut très bien décider de mordre tes jolis mollets à tout moment, tu es Indiana Jones et tu domines la nature ! Trop bon !

[Hancock Gorge]

[spider walk]

Je prends un pied monstrueux à lutter pour aller au bout du parcours. Contourner les obstacles…  Avancer  à la force des bras, un pied sur chaque paroi, dans un pan de gorge étroit où coule un ruisseau… Je me découvre une âme de randonneur tout-terrain, ce que je ne soupçonnais absolument pas ; l’expérience me donne envie de programmer des vacances sportives : descendre les gorges du Verdon en kayak, deltaplaner dans les Alpes, randonner dans les Cévennes, VéTéTer dans le Massif Central…

[Oxer Lookout]

Et ce parc d’attractions 100% naturel coûte la modique somme de 11 dollars par véhicule… Epoustouflés par la magnificence du Karijini, dans le van qui n’a pas vraiment apprécié la tôle ondulée nous laissons l’intérieur des terres pour la fameuse Côte Ouest. Et moi je suis devenu comme ceux qui l’ont fait et qui poussent des cris d’extase sitôt le nom prononcé.

Florence + The Machine – The Dog Days Are Over

Toutes les photos du Pilbara, c’est ici.

Say It’s Possible // Le Kimberley

Dans Pendant, Western Australia le 2 mars 2011 à 12:57  

Quitter Darwin : changement d’équipe.

On recrute via Gumtree, LE site de référence pour backpackers, la Bible actualisée heure par heure. Et on trouve rapidement.

Le courant passe instantanément entre Gavin l’Ecossais, Kim la Londonienne, Katharina l’Allemande et Audrey et moi.

On trace en direction de la Western Australia et la mythique Côte Ouest. Au poste-frontière entre les deux Etats, la douane fouille le van et perquisitionne tous les fruits et légumes, le but étant de bloquer les bactéries et parasites présents dans un Etat de se propager dans l’autre. La douanière, aimable comme une porte de prison à queue de cheval, fait glisser le slide et voit qu’il y a deux passers allongés sur le matelas à l’arrière, sans ceinture de sécurité. On se regarde… Elle ne dit rien et embarque nos oignons parasites en s’occupant des siens. Pas d’amende ? Cool !

[Oh yeah]

Lake Argyle

Lac de retenue du barrage de l’Ord River, le lac Argyle est le deuxième du pays par sa taille. Sa capacité représente 18 fois celle du port de Sydney. Malheureusement il n’a pas plu suffisamment pour qu’il atteigne cette capacité depuis qu’il a été rempli à ras bord en 1973 (et le déversoir a coulé jusqu’en 1984 !). Mais cette audacieuse tentative lancée en 1969 de maîtriser les eaux de l’Ord River afin de développer le Nord tropical a néanmoins eu des résultats étonnants : elle a permis l’irrigation de 58 000 ha de plaine argileuse et favorisé le développement de la faune vivant dans la rivière ou sur ses rives (tortues, poissons et crocodiles d’eau douce, en particulier). [Lonely Planet]

Kununurra – kilomètre 9248

Kununurra est une petite ville soignée et plaisante, nichée au pied des dômes rouges du Mirima National Park et baignée par les eaux du joli Lily Creek Lagoon. Egalement appelé Diversion Dam, le lac Kununurra, propice à la pêche, est aussi un lieu agréable pour pique-niquer. [Lonely Planet]

Quelques minutes après cette photo, une mère Abo hurlait à son gamin de sortir de l’eau : une tête de crocodile dépassait de la surface ! On n’a pas tardé à rejoindre la berge, d’où on a aperçu, juste après, un serpent d’eau faire des longueurs. Comme disait l’autre : On n’a pas un métier facile…

En lisière nord de la ville, Kelly’s Knob est un belvédère très fréquenté au coucher du soleil pour sa jolie vue. Pendant la saison humide, il offre une vision spectaculaire sur les orages qui éclatent au loin, mais gare à la foudre s’ils se rapprochent, car elle a déjà frappé là ! [Lonly Planet]

On vous dit : pas un métier facile…

Le Kimberley

Caractérisé par son climat extrême qui ne connaît que deux saisons, la saison humide et la saison sèche, le Kimberley est une terre de contrastes : plaines semi-arides hérisées de spinifex et routes de l’Outback transformées en rivières, spectaculaires chaînes de montagne entaillées de gorges aux abruptes parois rocheuses et minuscules poches de forêt tropicale humide émaillée de tranquilles points d’eau. Ce sont ces contrastes qui rendent le voyage si fascinant. [Lonely Planet]

L’ennui c’est qu’il faut un 4×4 pour faire tout ça, notamment le Parc National des Bungles-Bungles, inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (snif). Déjà, voyez à quoi ressemblent les routes principales :

On peut tout de même accéder en véhicule normal le Geikie Gorge National Park, avec un tour en petit bateau mené par un guide Aborigène.

Broome – kilomètre 10293

Marqué par un incroyable assemblage de couleurs – le rouge du pindan (la terre de couleur rouge), le bleu turquoise de Roebuck Bay  et le blanc nacré du sable de Cable beach -, le paysage de Broome est inoubliable. Ce sont ces contrastes de couleur et ceux du climat, ainsi que sa riche histoire et sa mixité culturelle qui confèrent à Broome une atmosphère et une énergie uniques en Australie-Occidentale. Cette vitalité a séduit aventuriers, entrepreneurs, artistes et voyageurs, à qui la ville doit cette ambiance cosmopolite, caractérisée par son dynamisme culturel, sa richesse gastronomique, sa créativité artistique et son style unique.

[Cable Beach : mon premier saut dans l'Océan Indien. Eau tiède, un délice]

Centre perlier établi dans les années 1880 par les Japonais, Broome a rapidement attiré des commerçants chinois et des plongeurs malais, ces derniers effectuant le travail le plus dangereux aux côtés des Aborigènes. [...] L’activité perlière de Broome connut son apogée au début du XXe siècle ; sa flotte de 400 lougres fournissait alors 80% de la nacre mondiale. [Lonely Planet]

[coucher de soleil sur Gantheaume Point]

Sun Pictures, le plus vieux cinéma en plein air du monde encore en activité. Audrey et moi avons vu une comédie musicale australienne délirante dont l’action se situe… à Broome dans les années 60 : Bran Nue Dae.

Ayant déposé Katharina à Kununurra et Kim à Broome, il y a à nouveau de la place dans le van : c’est Alex, un Allemand d’origine Ukrainienne qui prend le relais. Les hommes sont enfin en majorité !

[Town Beach]

Terra Naomi – Say It’s Possible

Toutes les photos du Kimberley, c’est ici.

My Delirium // Northern Territory (Top End)

Dans Northern Territory, Pendant le 28 février 2011 à 1:06  

Katherine – kilomètre 8039

Même si Katherine est la troisième agglomération la plus importante du Territoire, on a l’impression que la nature subtropicale qui l’entoure est prête à reprendre ses droits à chaque instant. L’agglomération se tient au bord d’un fleuve bordé d’une végétation luxuriante. Il suffit de s’écarter un peu de l’artère principale, avec ses banques et ses supermarchés, pour voir aussitôt le bush, envahi de roussettes.

Nitmiluk (Katherine Gorge) National Park : La Katherine River, qui prend sa source dans la Terre d’Arnhem, traverse le paysage de grès de Nitmiluk. Au fil des siècles, le fleuve a creusé plusieurs gorges connues sous le nom de Katherine Gorge. On peut découvrir le parc de plusieurs façons : en canoë ou bien en sirotant une boisson sur le balcon du café du Nitmiluk Centre. Un excellent réseau de sentiers de randonnée conduit à cette gorge impressionnante. Généralement, les seuls crocodiles des lieux sont des espèces d’eau douce, surtout visibles pendant les mois les plus frais. [Lonely Planet]

[Katherine Gorge]

Les filles ont loué des canoës pendant que je randonnais solo. Chaleur écrasante.

Quelques kilomètres plus loin, les Edith Falls m’ont rafraîchi.

[Leliyn - Edith Falls]

Litchfield National Park

Ce parc est tout simplement magnifique. Quatre cascades dégringolant d’un vaste plateau en grès viennent se jeter dans des piscines naturelles entourées de verdure tropicale. On vient ici avant tout pour la baignade – sensationnelle – les randonnées dans le bush et le camping.

Environ 17km après l’entrée du parc située à Batchelor, on tombe sur ce qui ressemble à un champ de stèles funéraires. Seule la pointe de ces termitières magnétiques sert de sépulture aux termites. [...] On les dit magnétiques parce qu’elles sont parfaitement alignées du nord au sud, et conçues pour réguler la température de sorte que la carapace des termites s’acclimate aux changements extrêmes des saisons.

Six kilomètres plus loin, un embranchement conduit à Buley Rockhole, où l’eau tombe en cascades dans une série de trous d’eau rocheux, assez grands pour s’y baigner. Un sentier de randonnée les relie en longeant Florence Creek. Environ 18 km au-delà de l’embranchement pour les Florence Falls, vous parviendrez au carrefour des Tolmer Falls, des chutes à 450 m de la route. Un sentier en boucle de 1,5 km offre une vue magnifique sur la vallée. De retour sur la route principale, parcourez 7 km pour atteindre l’embranchement vers les chutes les plus visitées de Litchfield, Wangi Falls. Les cascades coulent toute l’année et remplissent un magnifique bassin bordé de grands espaces de pique-nique et fréquenté par des chauves-souris frugivores. [Lonely Planet]

[Florence Falls]

[Claire du haut des Tolmer Falls]

[Wangi Falls]

[Termite Mounds]

Après-coup, on se demande pourquoi on n’y est resté qu’une journée…

Darwin – kilomètre 8418

Métropole moderne à l’atmosphère nonchalante, Darwin compte une population originaire de pas moins de 56 pays. C’est ici, dans une ambiance conviviale, que se rencontrent les Aborigènes (les Larrakia) et les non-Aborigènes, que le citadin côtoie le bushman, et le travail, le farniente. La ville attire travailleurs itinérants et visiteurs des quatre coins de l’Australie. Son université et son port se chargent quant à eux de drainer étudiants et marins. La population [70.000 habitants] connaît ainsi flux et reflux au fil des saisons. L’emplacement de la ville, sur une portion tropicale de la côte nord du pays, fait qu’elle connaît six subtils changements de saisons, et une disparité nettement plus marquée entre le Dry (saison sèche) et le Wet (saison humide), cette dernière amenant des orages de fin du monde. [Lonely Planet]

Wharf Precinct. Le projet de Waterfront Development, achevé en 2008, comprend une piscine publique et un bassin à vagues (5$) un centre de congrès et des tours d’habitation. 

Darwin, changement d’équipe. On dépose Claire et Violette dans un backpack. Julie restera à Darwin pour chercher du travail. Audrey et moi râtissons à la recherche de lifteurs (non francophones, pour changer). On se pose une petite semaine. L’humidité est insoutenable, une semaine à Darwin et tu balayes tes idéaux écologiques, le Grenelle de l’environnement peut continuer d’oeuvrer, j’ai changé d’avis je suis pour la clim’ !

Je retrouve toute la French Team, qui avait quitté Cairns avant nous. Certains ont trouvé du boulot (Hamdi, Salva et Rémi au Casino, Anne-Laure dans un salon de coiffure) et d’autres font prospérer la Cour des Miracles. On dort dans le van, coffre arrière ouvert, garé dans la rue en face de chez Hamdi et Salva, je prends une douche givrée chez eux puis je marche trèèèèèès lentement jusqu’au van pour ne pas transpirer, c’est invivable, le matin les draps sentent le vinaigre, notre odorat est trop développé pour prendre le temps de faire un café avant de prendre une douche, ça ne cassera pas trois pattes à Yann Arthus-Bertrand mais on aurait proposé une cloche de climatisation au-dessus de la ville j’aurai voté oui sans barguigner.

La St-Mary’s Cathedral – à l’intérieur, une troublante peinture de Kupka représentant une Vierge à l’Enfant aborigène sur fond de motifs totémiques abstraits. L’artiste français était en visite dans les années 1960. 

Deux tunnels de stockage d’essence de la Seconde Guerre Mondiale (5$) creusés pour conserver les réserves de la Marine, mais jamais utilisés, contiennent des photos datant de la guerre. On croise l’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale et de l’ANZAC, l’armée conjointe de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, un peu partout en Australie, qui fut atteinte sur son sol par les forces japonaises ; un chapitre qui leur tient très à coeur et que j’ignorais totalement car on ne l’enseigne pas en Europe.  

[Arbre de la Réflexion, ou de la Conscience, bref un truc mystique]

Hormis dans les piscines publiques, on ne peut pas se baigner, tout ça parce qu’il y a des crocos et des méduses mortelles tout le long de la côte. Dès lors, tout point d’eau mérite une excursion (East Point Reserve) et on multiplie les visites à l’ombre ou dans l’air conditionné – Fannie Bay Gaol Museum, Bicentennial Park, Museum & Art Gallery of the Northern Territory… Darwin n’est pas grand, en 5 jours tu as tout vu. Malgré un climat lourd – et encore, c’était la BONNE saison – la ville est loin d’être désagréable, l’ambiance décontractée décolle le week-end, elle est recommandable pour qui voudrait s’arrêter bosser quelques mois. A condition de vivre au frais… 

Ladyhawke – My Delirium

Toutes les photos du Top End, c’est ici.

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